Entre l'anneau du Bois de Vincennes, les sorties vers la vallée de Chevreuse et les trajets quotidiens à vélo, notre ville compte énormément de cyclistes. Route, gravel, home-trainer ou vélotaf : la pratique explose.

Le vélo a un avantage énorme — c'est un sport porté, sans impact. Mais il a une contrainte majeure : vous restez figé dans la même position pendant des heures, en répétant un mouvement identique des milliers de fois.

Une position contre-nature, maintenue longtemps

Sur un vélo, votre bassin bascule vers l'avant, votre dos s'arrondit, et votre nuque doit se mettre en extension pour regarder la route. C'est exactement l'inverse de la position neutre. Ajoutez le poids du buste sur les mains et un pédalage à 80-90 tours par minute, et vous comprenez pourquoi certaines zones saturent.

Les douleurs les plus fréquentes chez le cycliste

  • Les cervicales : la nuque en hyperextension pendant 3 heures. Résultat : tensions sous-occipitales et maux de tête après la sortie.
  • Les lombaires : le grand classique. Un bassin qui manque de mobilité en antéversion force le bas du dos à compenser en permanence.
  • Les genoux : douleur en avant (souvent selle trop basse ou trop avancée) ou sur le côté, avec le fameux syndrome de l'essuie-glace lié au fascia lata.
  • Les mains : fourmillements et engourdissements par compression des nerfs ulnaire ou médian au niveau du guidon.
  • Le périnée : sujet tabou et pourtant fréquent — engourdissements liés à la pression de la selle, chez les hommes comme chez les femmes.

Position ou mobilité : l'œuf ou la poule ?

C'est le point central. On me demande souvent : « faut-il refaire mon étude posturale ? » Ma réponse : les deux approches sont complémentaires, et l'ordre compte.

Une étude posturale règle votre vélo à partir du corps que vous avez aujourd'hui. Si votre bassin est vrillé ou votre hanche droite raide, le réglage va se caler sur ce déséquilibre et le figer. À l'inverse, si vous libérez d'abord les restrictions, l'étude posturale part sur des bases saines.

Mon conseil : consultez, puis faites régler le vélo dans la foulée si vous en avez besoin.

Ce que je travaille chez un cycliste

  • La mobilité du bassin en bascule : la clé pour un dos qui ne souffre pas.
  • La mobilité thoracique, pour que la position aéro ne se fasse pas au prix des lombaires et du cou.
  • Les hanches et le psoas, très raccourcis par la position assise (au bureau comme sur le vélo).
  • Le diaphragme, souvent comprimé par la position penchée, ce qui limite le confort respiratoire.
  • Les cervicales et la base du crâne.

Vélotaf : attention au cumul

Si vous allez au travail à vélo puis passez la journée assis au bureau, vous cumulez deux positions qui ferment la hanche et arrondissent le dos. C'est un profil que je vois beaucoup à Vincennes. Quelques minutes d'ouverture de hanche et d'extension thoracique par jour changent réellement la donne.